Pour Juliette Leperlier, la pâte de verre est bien plus qu’un simple matériau, c’est un héritage familial. Son arrière-grand-père François Décorchemont a mis au point cette technique de moulage à la cire perdue. Son père Etienne Leperlier et son oncle Antoine (nommé Maître d’art en 1994), ont par la suite continué les recherches sur ce médium. C’est donc tout naturellement, forte de cet héritage artistique, que Juliette Leperlier a poursuivi l’aventure familiale et l’exploration de la pâte de verre.
Formée à l’ENSAAMA puis en Master d’Arts Plastiques à la Sorbonne pour explorer de nouvelles techniques et s’éloigner de l’héritage familial, Juliette n’est pas « revenue » à la pâte de verre mais a entamé une nouvelle exploration de cette matière après ses études. Après avoir assisté son père pendant 4 ans, elle reprend l’atelier familial en 2014, se consacrant à une création inspirée de formes organiques et naturelles, jouant sur l’opacité et la transparence. Elle aime les courbes plus que les angles droits, s’attache à trouver une cohérence entre la forme et la matière dans ses œuvres.
2014 – lauréate du prix régional des Ateliers d’Art de France
Juliette explore les matériaux translucides à travers la photographie, jouant avec l’instantanéité figée du médium et crée ses propres couleurs. Elle recycle également ses chutes.
Lorsque son père décède, Juliette reprend l’atelier et se réapproprie la technique mise au point un siècle plus tôt par son arrière-grand-père. Investie dans la transmission, elle a obtenu la certification Qualiopi pour dispenser des formations payantes et propose 3 ou 4 fois par an des stages de sculpture sur verre. Juliette accueil également des stagiaires chaque année : « J’aime beaucoup transmettre les connaissances que j’ai moi-même apprises ici, dans cet atelier.”
Son travail est régulièrement présenté dans des musées ou des galeries, notamment le musée du Verre de Sars Poterie, la Galerie Internationale du verre de Biot, la galerie Capazza, ou la Continuum Gallery en Allemagne. Une de ses œuvres a été sélectionnée pour faire l’affiche du Salon Souffle à Louviers en 2024.
L’atelier resté en l’état de son père nécessite une modernisation, notamment la réparation et le remplacement de machines, l’acquisition de platines, d’un extracteur de poussière cruciale pour la santé des stagiaires ainsi qu’une ponceuse pneumatique et une table élévatrice. Afin de garantir une offre de formation de qualité et de prévenir les risques de santé, Juliette a sollicité le soutien de la Fondation pour moderniser son atelier.