Sandrine Raffin – Archetière

PARIS – 1972

 

Sandrine Raffin est passionnée par son savoir-faire. Cette passion, elle la doit à son père qui lui a inculqué ce métier dès le plus jeune âge. Dès ses quinze ans, elle intègre l’École nationale de lutherie de Mirecourt et rejoint par la suite l’atelier familial d’archeterie de la rue de Rome. « Il y a vingt ans, si on ne faisait pas partie d’une famille de luthier ou d’archetier, le métier était complètement fermé »

Elle acquiert une réputation d’excellence auprès d’environ deux mille clients en France et à l’étranger. On compte parmi eux les violonistes Renaud Capuçon et Patrice Fontanarosa ou encore les quatuors Ébène et Zaïde.

 

Cette réputation, elle la doit à sa sensibilité d’une part, et à sa rigueur d’autre part. Ayant elle-même pratiqué la musique, elle comprend la relation qu’un musicien peut entretenir avec son instrument. De plus, son métier s’inscrit dans un cadre strict avec des outils bien spécifiques. « On travaille toujours comme il y a deux cents ans avec le rabot, le canif, le ciseau, la gouge et la lime, des matériaux traditionnels : crin de cheval mâle (!) de Mongolie, bois de pernambouc et d’ébène, nacre, or, etc. L’archet doit faire 73 centimètres de long et peser 60 grammes avec des hauteurs et des équilibres à respecter. Chaque baguette apporte un son différent ».

 

À ce travail de fabrication s’ajoutent l’entretien, la réparation, la restauration d’archets anciens dont la valeur unitaire peut dépasser 100 000 €. « Je réalise certaines opérations en apnée afin d’écouter le bois. Pour exercer ce métier, il faut être minutieux, patient, respectueux et humble ».

Volonté de transmission

 

Les apprentis viennent du Canada et du Brésil pour se former auprès de Sandrine Raffin. Formatrice agréée, elle transmet son savoir-faire et ses connaissances à de jeunes archetiers  prometteurs et aime parler de son métier aussi bien à Tokyo qu’à l’école de ses filles.

 

En 2007, elle reprend l’archeterie paternelle et reçoit le titre de Maître artisan en métier d’art en 2012. Néanmoins, elle quitte parfois son établi pour faire sa comptabilité, dialoguer par courriel avec ses clients ou encore alimenter la page Facebook de l’atelier. « On ne peut avancer à l’aveugle, déployer des compétences sans vérifier si la clientèle suit. Il est important de partager nos recherches et de se remettre en question ».

 

Riche de son expérience, Sandrine Raffin restaure les plus belles pièces d’archeterie et innove dans la création de nouveaux modèles.

 

En finançant sa nouvelle machine, la Fondation Rémy Cointreau permet à Sandrine d’accroître sa production de découpe du pernambouc bois, tout en minimisant les chutes. Grâce à cette acquisition, elle gagne une journée de travail par semaine.

 

 

Découvrez l’atelier de Sandrine Raffin en images et en vidéo

 

 

Pascal Renoux – Coutelier d’art

BOIS, MÉTAL

Grégoire Scalabre – Sculpteur céramiste

CÉRAMIQUE