Artisan d’art spécialisé dans la laque végétale, Nicolas Pinon est diplômé en ébénisterie de l’École Boulle en 2001. Il s’est ensuite consacré aux techniques de finitions, tant traditionnelles que contemporaines. Sa découverte de la laque japonaise, ou « urushi », a été une étape décisive dans sa carrière, le menant à se perfectionner dans cet art. Il a ensuite intégré l’atelier Brugier, où il a affiné ses compétences en restauration et participé à la création de décors pour des projets internationaux.
Pour parfaire sa technique, il décide de se rendre au Japon où, lors de son premier voyage en 2006, il fait la connaissance du grand maître laqueur Nagatoshi Onishi. Ce dernier l’initie à la philosophie de la transmission et à la technique ancestrale du kanshitsu (laque sèche), un procédé qui emploie toile de lin ou chanvre, colle de riz et terre pour créer la structure des statues de temples.
Établi comme laqueur indépendant en 2008, il collabore avec des architectes d’intérieur reconnus tels que Jacques Garcia et Peter Marino. Dès 2013, il oriente sa pratique exclusivement vers la laque japonaise traditionnelle et moderne, mettant son expertise au service de maisons de luxe comme Van Cleef & Arpels, Hermès et Moët & Chandon.
2024 – Résidence à la Villa Kujoyama
2020 – Prix Liliane Bettencourt pour l’Intelligence de la Main (Dialogues) pour la pièce « Entropie » en collaboration avec Dimitry Hlinka.
2020 – Grand Prix de la Création de la Ville de Paris
2019 – Lauréat Fondation Banque Populaire – Projet Urushi
Cinq ans de recherche en partenariat avec D. Hlinka ont permis de développer, pour la collection Asa, une structure en carton alvéolaire alliant laque urushi et poudre de chanvre. Cette innovation confère aux objets une robustesse inédite et permet un changement d’échelle et d’usage pour le mobilier.
Nicolas utilise exclusivement une laque végétale (6kg/an) à faible empreinte. Elle provient de Tsutsumi Asakiti Urushi, son unique fournisseur de Kyoto.
Nicolas possède une expertise rare en France dans les techniques de laquage, un savoir-faire qu’il s’attache à promouvoir. Il anime dans son atelier plus de dix stages par an pour initier le public aux arts japonais du kintsugi, qui consiste à restaurer des céramiques avec de la poudre d’or, et de l’urushi, la laque végétale traditionnelle.
Fort de son expérience en tant que formateur en ébénisterie à l’École Boulle de 2010 à 2024, Nicolas pérennise la transmission de son savoir-faire et accueille de manière régulière des stagiaires.
Aujourd’hui, Nicolas a pour ambition de développer ses capacités de recherche afin de révéler un nouveau visage de la laque végétale. Avec le soutien de la Fondation, il se dote de deux machines, l’une pour le mélange et l’autre pour l’application de la laque, afin d’expérimenter de nouvelles formulations.